La culture d’entreprise numérique est aussi importante que la stratégie

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L’article de Laëtitia Vitaud m’a inspiré ce point de vue…

Pour les entrepreneurs de la Silicon Valley, la culture d’entreprise est vue comme le maillon le plus important, celui qui précède tous les autres, y compris la stratégie et le produit. “La culture mange la stratégie au petit déjeuner”, telle est une des traductions d’une désormais célèbre citation du théoricien du management Peter Drucker – mort en 2005, mais dont les idées trouvent un regain d’intérêt dans la Silicon Valley.

Les start-up ont compris depuis longtemps que les salaires qu’ils proposent ne suffisent plus pour attirer les talents, les retenir et leur faire donner le meilleur d’eux-mêmes. D’ailleurs le journal ” The Economist” le développe dans cet article : une guerre est en cours pour recruter ces ingénieurs devenus des stars.

Il s’agit d’être perçu comme l’entreprise la plus attractive.  En 2013, j’ai lu “l’entreprise du bonheur” écrit par le fondateur de Zappos, Tony Hsieh.  J’avais du mal à croire ses affirmations quand il demandait à ses employés de rester autant de temps au téléphone qu’il serait nécessaire avec un prospect ou un client pour le satisfaire.  Il décrivait des rapports humains que l’on ne trouve normalement que dans un cercle familiale. 

La culture est donc un sérieux outil qui permet de recruter ces profils de la génération Y ou Z qui recherchent à la fois du sens, du bien être et de la liberté. C’est l’intégrité de la culture et les valeurs de l’entreprise qui permettent à la start-up d’enfiler le costume qui ouvre les portes pour devenir un géant du numérique. Chez Box, un service d’hébergement dans le cloud, ils ont mis en place des procédures de recrutement efficaces, qui visent à évaluer autant les qualités techniques que les qualités “culturelles”.
La collaboration entre les membres va de pair avec la transparence, le sens des responsabilités et une immense bienveillance. Des événements nombreux permettent de cimenter les liens entre les membres de l’équipe et rappellent sans cesse les valeurs de l’entreprise.

En France, Blablacar, plate-forme communautaire payante de covoiturage conçue en 2006 par Frédéric Mazzella, est aujourd’hui présente dans 19 pays et compte plus de 350 employés. L’entreprise a d’ailleurs gagné l’an dernier le prix spécial “Entreprise fun et performante” du palmarès “Great Place to Work 2014”. “Fun and serious” (drôle et sérieux), “Fail, learn, succeed” (échouer, apprendre, réussir). Ainsi, les employés Blablacar ne sont recrutés que parmi les utilisateurs du service Blablacar. Ils sont même le plus souvent des “ambassadeurs” (c’est-à-dire les membres les plus actifs et les mieux notés de Blablacar) et sont donc convaincus par la “mission” de la start-up et déjà familiers des valeurs revendiquées.

Enfin, l’évolution culturelle d’une entreprise existante est un processus qui demande un encadrement que KdbPartners propose à ses clients par le travail avec les arts visuels, entre autres. L’hyperphoto de J-F Rauzier qui illustre mon propos est l’une des photos digitales créées pour mon exposition à Rio de Janeiro en aout 2015. L’artiste a voulu signifier le lien qui existe entre les oeuvres littéraires. Un réseau internet matérialisé…

Les professions de foi qui énoncent des “valeurs” sans que celles-ci ne soient vraiment reflétées dans l’organisation du travail, la gestion des ressources humaines et l’architecture physique et informatique de l’entreprise, sonnent creux et ne servent à rien. Tout changement doit commencer par un travail de réflexion en profondeur, qui concerne toutes les fonctions transverses de l’entreprise.