Disrupter la lutte anti-terroriste

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FluctuatNecMergitur

Compléter le numéro français d’urgence le 17, réaliser des cartes 3D des salles de concert, lancer un hackathon… Le monde digital se mobilise après les attentats de Paris et Saint-Denis. L’anti-terrorisme ne va pas rester la cellule spécialisée de la police. Tous les citoyens doivent résister avec les moyens d’aujourd’hui afin de contrer une attaque ou aider des victimes.

La solidarité, la bienveillance des échanges sur les réseaux permettent de croire à cette ambition qui va apporter des solutions pour que tout le monde puisse être tout simplement en contact avec les forces de l’ordre qui gèrent des crises. On pourrait ainsi envoyer en stream à la police des vidéos en live d’un assaut entre les otages, par exemple.

Plus de dix jours après les attentats de Paris et Saint-Denis, les esprits bouillonnent du côté des start-ups pour mettre en place des solutions pour mieux faire face à d’éventuelles attaques.

Le mouvement a été initié par Jean-François Pillou, fondateur et patron du site Comment ça marche. Dès samedi 15 novembre, il a interpellé ses contacts sur Facebook : “Vient le moment où l’on se dit qu’il y a forcément un moyen d’empêcher ça, notamment quand on observe la solidarité, l’énergie et la détermination de l’ensemble des citoyens sur les réseaux sociaux. Des start-ups révolutionnent des industries, pourquoi pas celle de la lutte contre le terrorisme ? Je lance l’idée de soutenir des start-ups prêtes à ‘uberiser’ la lutte contre le terrorisme, en espérant que cette bouteille à la mer sera lue par un membre du gouvernement.”

Depuis, il a défendu cette idée devant le directeur interministériel du numérique Henri Verdier, un conseiller du Premier ministre, et le cabinet de la maire de Paris. La rencontre a en tout cas porté l’idée auprès de cette dernière.

La devise de Paris brocardée Place de la République, dimanche 23 novembre, en hommage aux victimes des attentats (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

 

Un “hackathon” sera ainsi organisé en janvier prochain pour “développer de nouvelles solutions de gestion de l’urgence et d’information du public en cas de crise”, précise la mairie de Paris sur son site. Ce concours sur deux jours, ouvert aux développeurs dans l’école 42, permettrait “d’accompagner l’Etat et la police dans leur démarche de transformation numérique” mais aussi de répondre à l’envie des jeunes Parisiens de s’impliquer dans la lutte contre le terrorisme, plaide Jean-Louis Missika, adjoint à la mairie de Paris en charge du développement économique, dans une note citée par “le Monde”.

Cette opération, pour l’instant baptisée “Nec mergitur” (locution latine signifiant “ne sombre pas”, et devise de Paris), ne devrait rien coûter à la ville, prend soin de préciser l’élu, puisque seront associés des acteurs privés (Google, Facebook, Twitter, Orange, SFR, Free…).

Jean-Louis Missika explique à “l’Obs” que le hackathon se penchera sur la prévention, le signalement et la gestion de crise. “Il faut mobiliser la communauté de l’innovation pour voir tout ce qu’il est possible d’améliorer”, souligne-t-il. Des personnes prises en otage dans la salle de spectacle ont également fait part de l’impossibilité de joindre la police discrètement.

La solution est simple : créer une application qui permette de transmettre rapidement et discrètement des informations aux services d’urgence”.
L’idée d’une application en complément du 17 – qui permettrait d’envoyer sa géolocalisation, mais aussi de communiquer par messages avec les forces de l’ordre – fait en tout cas son chemin. New York a lancé, ce lundi 23 novembre, l’appli “See something, send something” qui permet aux habitants de l’Etat d’envoyer en quelques clics une photo ou un court texte pour signaler “quelque chose” au Centre de renseignement de l’Etat.

En France, le mouvement Nous Citoyens appellent à la création d’une application de ce genre afin “d’avertir en temps réel les forces de l’ordre et les forces d’intervention médicale”. En ce sens, Paul Colombo, en charge du référencement du site Seloger.com, a imaginé lui USafer, une appli où les utilisateurs peuvent signaler aux autres des attentats, des coups de feu, des explosions, des colis suspects, et des émeutes. Il insiste sur le fait que “l’application est à but non lucratif”, même si une campagne de financement participatif sur Kickstarter de 20.000 euros a été lancée.

 

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