Chuchotement sur un dialogue avec la Maison Hermès

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« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d’une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd’hui tout détruire, mais ne savent plus convaincre, où l’intelligence s’est abaissée jusqu’à se faire la servante de la haine et de l’oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d’elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. » Cet extrait du discours de A. Camus à Stockholm en 1957 me sidère d’une vérité devenue universelle que je souhaitais partager!

C’est pourquoi, depuis le début du confinement, j’ai lancé sur mon compte LinkedIn, un hashtag #Onemoretoremember pour saluer et me rappeler plus tard, de chaque personne et entreprise qui produit en ce moment du matériel nécessaire aux systèmes de soins nationaux ou offre leur temps dans une solidarité que je n’ai jamais connue.

J’ai aussi proposé aux collectionneurs, d’acquérir des œuvres numériques, comme celle de ce chilien Lautaro, afin de soutenir des jeunes artistes qui ne peuvent joindre les « deux bouts » et offrir ainsi une édition de ces œuvres aux écrans noirs des hôpitaux.

Aujourd’hui, je veux rendre hommage plus particulièrement à la Maison #Hermès qui a dû fermer 42 usines en raison du confinement, à l’exception d’une usine de parfum qui fabrique désormais du gel désinfectant pour les mains à destination du secteur sanitaire et qui a choisi de continuer de payer les salaires, en renonçant aux aides de l’Etat.  Mais ce fleuron des métiers d’art accueille aussi chaque année depuis dix ans, trois artistes plasticiens au sein des manufactures de la maison Hermès dans le cadre du programme des Résidences d’artistes de la Fondation d’entreprise Hermès.

Alors, j’ai imaginé avec KDB Partners que Aurelia Cerulei, qui crée des tapisseries « pour réparer les souffrances du monde » depuis Parati au Brésil, petit village inscrit au patrimoine de l’humanité, serait bientôt invitée pour dialoguer librement avec les artisans de l’univers de la soie à la Holding Textile Hermès. Aurelia raconte aussi les routes des migrations voulues ou subies, dont la route de la Soie foulée par Marco Polo qui a rapporté en Europe depuis la Chine du Nord, le Bombyx du mûrier afin que son vers produise la soie.

Vous pouvez découvrir l’artiste Chloé Bensahel qui tisse des tapisseries connectées avec Google à la Manufacture des Gobelins dans cet article précédent..